Modou ngom

rencontré le 30/08/2019

Electronicien Sénéglais créateur de Sen Fablab 

" Je veux tout faire pour participer au changement de mon quartier"

 © YUX

Son histoire

Modou Ngom, électronicien de formation, fondateur de Sen FABLAB.

Modou a grandi dans l'un des quartiers les plus populaires de Dakar (Yoff), de famille modeste,livré à lui même  comme la grande majorité des enfants du quartier, et suite à l'incapacité financière de sa famille, il est contraint d'abandonner l'école à 11 ans. 


Mais Modou a une passion, il aime comprendre comment les objets fonctionnent, les démonter les observer leur redonner vie. C'est alors que tout jeune, il passe une grande partie de son temps libre à observer les réparateurs et électroniciens sur les marchés. Il finit par travailler auprès d'eux et en économisant assez d'argent  il arrive à se payer une formation en école d'informatique et d'électronique.
Il ouvre ensuite son propre atelier, et prend plaisir à son tour d'accueillir les enfants du quartier, pour leur transmettre ses compétences. 

En 2012, l’association Ker-Thiossane, invite (Usinette) un collectif parisien,  à Dakar pour sensibiliser la  population au concept de Fablab. Modou y découvre de nouvelles machines comme des imprimantes 3D, il est émerveillé par le potentiel de ses nouvelles technologies. Il a tellement apprécié l'imprimante 3D, qu’après le départ de l'association, il essaye d'en construire une avec d'autres passionnés, en démontant des imprimantes papier et des moteurs !

Le succès de l’initiative de Usinette pousse l'association Ker-Thiossane  , quelques mois plus de tard, à installer un Fablab permanent. Et ils proposent à Modou de rejoindre l'équipe. Sans hésitation, et alors que son activité de réparateur lui offrait une situation confortable, il décide de rejoindre le projet !

Modou, découvre la philosophie des Fablabs, un espace de partage et un fonctionnement ''horizontal''. Il passe de belles années, à créer, apprendre et transmettre. 
Mais il décide 4 ans plus tard, de quitter le Fablab, pour en ouvrir un autre, cette fois  dans son quartier natal.
Effectivement, pour lui, il est important de proposer des Fablabs pour des populations qui sont défavorisées et qui n'auraient en règle générale jamais accès à des espaces et du matériel comme celui-ci.

 

SEN FABLAB  (SEN signifie "votre" en wollof, la langue traditionnelle)

Pour créer son nouveau Fablab, Modou a eu beaucoup d'épreuves à surmonter. Il a perdu toutes ses économies en investissant dans des moutons, qui finalement mourront d'une épidémie quelques semaines plus tard, il a été plusieurs fois profondément déçu par les fausses promesses de la municipalité... Souvent, Modou s'est senti profondément seul, car rejeté par sa famille qui ne comprenait pas son projet et abandonné par les institutions qui ne finançaient pas des projets pour des quartiers comme  Grand-Yoff
Mais sa force de caractère époustouflante a permis à Modou de tenir le coup, et aujourd'hui sont projet prend de plus en plus forme. Pour lui, ce n'est pas une entreprise, mais un projet social et tous ses sacrifices valent le coup, car cela permet de contribuer à faire évoluer son quartier. 


Il a réussi au fur et à mesure d'obtenir des machines, brodeuse numérique, de My Human Kit, il a acheté  une imprimante 3D  Il a également aménager un local au cœur de Grand- Yoff, avec les habitants.

 © Sen fablab

Son Fablab reçoit principalement 2 types de public :
 

-Les enfants du quartier : qu'il forme à l’électronique et à l'utilisation de machine numérique. Pour lui, il est important d'offrir à ces enfants des ressources et des connaissances. Il souhaite leur ouvrir le champ des possibles et leur permettre de mettre en place des projets, et que leur provenance d'un quartier défavorisé ne leur empêche pas de réaliser leurs rêves.
« Ce dont je rêve, c'est que ces enfants soient un jour des futurs ingénieurs qu'ils créent des voitures, des robots des choses extraordinaires ! Qu'on dise un jour, Sen Fablab a permis de faire de ces enfants des créateurs, des génies. ». 

-Les autres bénéficiaires de Sen Fablab sont des femmes, qu'il forme à l'utilisation de machine, tel que des brodeuses numériques . Grace à ses ateliers il souhaite offrir au femmes du son quartier des compétences et savoir faire unique, afin qu'elles puissent créer, vendre et développer leur micro entreprise et devenir indépendante ! 

Aujourd'hui, après plusieurs années installées à Grand-Yoff, Modou est heureux de voir que la population commence à comprendre les enjeux du Fablab. Les parents sont époustouflés par les compétences qu’apprennent leurs enfants dans les ateliers de Modou. Sa famille est fière de voir que ses sacrifices permettent aujourd'hui d' aider tout le quartier

 

Un projet ?

Modou forme les habitants à des techniques et à l'usage de machines, mais ce qu'il souhaite avant tout, c'est que grâce à cela, ils mettent en place des projets concrets. Pour lui être dans un Fabalab ne signifie pas seulement créer pour s'amuser, mais surtout concevoir des choses qui vont être utiles pour la population.
 
L'un des projets qui lui tient le plus à cœur à Modou, c'est la création d'une canne pour les personnes malvoyantes. Effectivement, la question du Handicap touche particulièrement Modou. Il regrette, qu'au Sénégal, beaucoup de personnes handicapées ne peuvent réellement prendre part à la société. En raison des espaces publics, absolument pas adaptés et dangereux. Il aime donc développer des projets pour améliorer le quotidien des personnes atteinte d'un handicap. Comme cette canne qui détecte les obstacles, un fauteuil roulant électrique, une main en impression 3D etc. 


Conclusion :

Ce qui a permis à Modou de tenir bon toutes ces années, et de ne jamais abandonner, c'est son engagement pour la jeunesse, qui fait écho à son enfances qu'il qualifie lui même de terrible. S'il a souhaité ouvrir son propre Fablab, c'est pour le rendre accessible à tous, même aux enfants (contrairement à de nombreux fablabs qui considèrent que les enfants ne sont pas assez responsables pour manipuler des machines qui ont de la valeur). Son rêve, c'est qu'un jour toutes écoles de la ville  possèdent leur propre Laboratoire de Fabrication. Pour lui, l'enjeu éducatif des Fablabs est immense, car il est à l'intersection de beaucoup de savoirs, la science, la chimie,l'électroniques, les arts, le design... C'est un espace pour prendre confiance et expérimenter ses savoirs faire. 
 


Le projet de Modou m'a particulièrement touché, c'est une initiative citoyenne, particulièrement courageuse.       Alors je ne peux que vous encourager à soutenir Modou, en le suivant sur les réseaux sociaux ou en lui envoyer un message de soutien. Et qui sait si jamais vous avez des idées ou envie de collaborer, n'hésitez pas à le contacter ! 

Facebook : https://www.facebook.com/senfablab.senfablab.3

Instagram : https://www.instagram.com/senfablab/?hl=fr

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